Epreuves et pardon

Dieu n'est pas de ceux qui viennent forcer votre porte intérieure, même s'il peut le faire dans certains cas extrêmes. C'est au contraire lorsque une petite lueur filtre à travers la porte, que Dieu se permet de vous rendre visite. Puis il vous accompagne sur votre chemin de vie, tant que vous le désirez. Et s'il voit votre intérêt se détourner de lui, il vous laisse libre de choisir cette autre route, loin de la vie spirituelle. Mais détrompez-vous, il ne s'éloigne jamais, et ne vous abandonne pas pour autant : dès que vous laissez entrevoir une lueur il réapparaît.
Premières rencontres, premières épreuves
C'est de cette façon
que j'ai rencontré Dieu. Enfant, je me rendais chaque dimanche à
la messe et chaque jeudi au catéchisme. J'étais très impressionnée
par les pouvoirs de Jésus. Mais, je l'avoue, j'oubliais vite les belles
histoires que le curé nous racontait !
C'est lors de ma préparation à la communion, que la flamme s'est
allumée : je me suis sentie pour la première fois comme inondée
de lumière. Aujourd'hui, 30 ans après, je sens encore cette source
lumineuse qui soudainement m'a habitée.
Et puis est arrivée l'adolescence : j'étais trop révoltée, trop délurée, trop pressée, trop provoc, trop trop pour laisser une place pour Dieu. J'étais en pleine crise du grand MOI. Alors j'ai préféré lui faire un pied de nez, et j'ai même douté de son existence : je me disais athée.
A dix neuf ans, alors que je rencontrai " l'homme de ma vie ", mon frère, lui rencontra son épouse et par la même occasion Dieu. Quant à moi, je passais à coté : à 20 ans, je préférais oublier Dieu et vivre pleinement sans soucis, ni crainte - enfin c'est ce que je croyais Car bientôt, une première épreuve me fit toucher du doigt que " la vie n'est pas un long fleuve tranquille ".
Quelques jours après avoir goûté le bonheur d'être mère, j'appris que mon père était touché par la maladie. J'étais maman, mais c'était mon cur d'enfant qui pleurait devant les souffrances de celui qui m'avait engendrée.
A travers l'épreuve, je vis la foi de mon frère. A travers la peine, je vis la petite flamme de mes douze ans se raviver. A travers la souffrance, j'ai vu mon père attendre, prêt à entrer dans le Royaume de Dieu. Oui, à travers l'épreuve, j'ai grandi. Enfin je croyais avoir grandi, car je ne doutais plus de l'existence de Dieu : j'étais capable de reconnaître la Paix qu'il procure, au cur de la tempête. Je m'émerveillais devant sa grandeur.
Mais les choses de ce monde ne laissent que peu de temps pour Dieu. Et je dois avouer aujourd'hui à quarante ans, un défaut que j'ai longtemps ignoré : étant de nature hyperactive, je suis paradoxalement "paresseuse"... spirituellement parlant : j'ai attendu vingt ans pour faire connaissance avec Dieu ! Résultat : j'aurais pu devenir "grande" à vingt ans et je suis encore un "bébé" chrétien de quarante ans...
Pourtant, durant ces vingt années, si moi je feignantais sur le chemin du Royaume de Dieu, Jésus me cherchait. Quand j'y pense, c'était confortable et rassurant : dès que j'avais besoin de Lui, Il venait à mon secours.
Je goûtais à la Grâce de Dieu, j'en usais et en abusais même.
A trente et un ans, je décidai
sérieusement de mettre fin à ma propre ruine financière
et sanitaire : je me résolus à arrêter de fûmer !
Mais trois cures antitabagiques n'eurent pas raison de mon paquet et demi de
cigarettes par jour...
J'ai alors fait l'expérience de la prière quotidienne et de l'importance
du soutien d'un(e) ami(e) chrétien(ne). Merci Muriel, tu m'as accompagnée
dans cette démarche et tu m'as montré comment trouver la solution
: LA PRIERE. Neuf années sans tabac ! Je suis incroyablement surprise
de voir comme c'est si facile en priant !
La flamme grandit
Et la flamme grandit : Dieu
existait. Il était bon, et surtout patient. Voyant que je ne posais qu'un
regard frileux sur les écrits de sa Parole, il me tendit la perche :
curieusement, alors que je ne fréquentais l'Eglise catholique que de
loin, le prêtre de la paroisse me confia des classes de "caté".
Pourquoi, je l'ignore encore... Aucune connaissance biblique, aucune formation,
aucune patience aussi... Quel défi ! ! ! Pour moi, mais aussi pour les
enfants ! Je connaissais une seule chose : des chants pour enfants de l'Eglise...
adventiste (merci Muriel, ces cassettes de chants étaient destinées
à Laura lorsqu'elle était bébé, elles ont été
en fait mes "antidépresseurs" pendant la maladie de mon père,
quelques années auparavant). J'appris donc ces chants à ces enfants
et la seule chose dont j'étais certaine : que Dieu était dans
nos curs, et qu'il était toujours présent, quoiqu'il arrive.
Je pensais que je ne leur apportais pas grand chose, mais après tout
c'était peut-être l'essentiel !
Je n'ai pas le sentiment d'avoir perdu mon temps et je n'ai pas eu l'impression
qu'ils se soient ennuyés. C'étaient plutôt des heures joyeuses.
Puis, toujours bien approvisionnée en livres spirituels (merci Philippe !), je découvrais les témoignages de Ben Carson, la vie de Georges Muller, en passant par Batcheler. C'est avec ces livres que je réalisais à quel point DIEU POUVAIT CHANGER UNE VIE. Alors, pourquoi pas la mienne ?
Non à cette époque, j'étais satisfaite : chaque jour je remerciais le Seigneur pour mon mari, mes filles, et parce que je ne manquais de rien. Oui j'étais satisfaite. Mais avec mon entourage je me montrais toujours insatisfaite... Je voulais tout, comme tout le monde, et en même temps, je priais pour connaître le chemin de vérité.
La flamme grandissait, mais j'étais semblable à un mulet, comme dit le Psaume 32 aux versets 8 et 9 : "Je vais t'enseigner et t'indiquer le chemin à suivre, dit le Seigneur. Je vais te donner un conseil, je garde les yeux fixés sur toi ; ne sois pas aussi stupide que le cheval ou le mulet, dont il faut maîtriser les élans avec un mors et une bride ; alors il ne t'arrivera rien. "
Dieu me cherchait. Mais moi, le cherchais-je vraiment ?
Dispersions
Ce fut le temps de la dispersion : je travaillais beaucoup, beaucoup trop. Et comme le buveur pour oublier de boire, je m'investissais dans d'autres activités, bénévoles celles-là, de sorte qu'en travaillant ailleurs, j'oubliais que je travaillais trop. Et en rentrant à la maison, il fallait encore accomplir les tâches ménagères, vite finir les petits travaux pour enfin avoir le " temps de vivre ". Vivre ne voulait-il pas dire rencontrer Dieu ? Mais je l'ignorais, tout en continuant à appeler mon Sauveur : " Montre-moi le chemin de vérité ! " Durant des mois, voire peut-être deux ans, j'ai prié pour suivre ce chemin. Je répétais donc indéfiniment ces paroles : " Seigneur, montre-moi le chemin de vérité ! ", sans vraiment savoir ce que cela voulait dire.
Je cherchais désespérément
la Porte étroite, celle qui ouvre sur le chemin de la Vie mais je suivais
en réalité le chemin qui mène à la ruine...
Rupture et pardon
La conséquence de
toutes ces errances fut
l'épreuve de ma vie. L'EPREUVE avec un grand E : celle de la rupture
dans notre couple. Didier était parti... Comment en étions-nous
arrivés là ? On s'aimait pourtant !
Mais il y a la vie avec son lot de difficultés, manque de communication,
manque de disponibilité, manque d'argent aussi, nous étions surendettés.
Et puis et surtout manque d'amour inconditionnel, qui fait que l'on n'accepte
plus l'autre tel qu'il est.
Imaginez ma détresse, le vide que peut procurer une séparation dans votre couple après vingt ans de vie commune. C'est insurmontable. !
J'ai crié à
Dieu mon désespoir, ma colère, ma déchirure : " Seigneur,
je ne sais pas ce qui m'arrive, mais c'est horrible, je me sens misérable
"
Et Dieu m'a répondu " Misérable, mais misérable comment
? "
Alors j'ai réfléchi, et c'était comme un voile qui tombait de mes yeux, et qui me permettait de me voir. J'ai en effet pu être lucide sur moi et confesser tout ce que j'étais. "
Et j'ai continué
de crier à Dieu : " Mais Seigneur, j'aime Didier, pourquoi ? "
Et Dieu m'a dit : " Tu l'aimes, mais tu l'aimes comment ? "
" OK Seigneur, pas inconditionnellement, je lui fais toujours des reproches
! "
Jour après jour, Dieu a passé ma vie en revue devant mes yeux, et j'ai accepté de voir les choses comme elles étaient. Et là, j'ai vite compris qu'entre ce que j'étais, entre ce qu'était Didier, et entre les circonstances, je ne pouvais rien faire par moi-même.
Alors j'ai crié à Dieu " Seigneur, je ne veux plus souffrir, fais ce que bon te semble ; que ta volonté soit faite ! " et je le répétais sans cesse, je n'avais pas d'autre solution.
Et à ce moment là, Dieu m'a prise dans ses bras d'amour : je l'ai senti si fort me serrer que la joie inondait mon cur. Il avait remplacé la souffrance par l'espérance.
Quand j'ai tout lâché
entre les mains de Dieu, le Seigneur a tout rétabli dans ma vie :
Didier est revenu et je l'ai pardonné : comme il dit , Dieu lui "tirait
les pieds la nuit pour qu'il rentre" ! Notre famille s'est reconstruite
au-delà de ce qu'elle était : la joie règne plus souvent
dans notre maison qu'auparavant.
Nous avons vendu notre maison que nous avions à l'époque, ce qui
a permis de payer nos dettes, et aujourd'hui, nous avons pu en acheter une autre
sur des bases plus solides.
Ce qui reste de cette épreuve,
ce n'est plus la douleur ou même une cicatrice, mais il reste la puissance
de l'amour de Dieu, j'ai été foudroyée par son amour et
c'est cette marque que je porte, et qui est inscrite en moi.
Regardez aujourd'hui tous les couples qui se défont, comment pensez-vous
que nous ayons pu échapper au triste sort du divorce ? Nous nous en faisons
souvent la réflexion. C'est simplement par la grâce de Dieu.
Quand les bras d'amour de Dieu m'ont arrachée à l'épreuve,
à partir de ce moment, j'ai su que ma vie serait différente. J'aime
le Seigneur et je veux le servir, que ma famille n'oublie jamais ce qu'il a
fait pour nous. Il est mon sauveur dans les grandes comme les petites choses
de ma vie. Je sais que je peux compter sur lui quoiqu'il arrive : même
si le monde m'abandonne, j'ai mon Seigneur qui me soutiendra.
Nouvelle vie
Après une telle expérience,
j'étais consciente que ma vie ne serait plus la même. En effet,
je ne pouvais plus vivre en ignorant Dieu. Si vous renoncez après avoir
goûté à l'amour de Dieu, pour donner une image, c'est un
peu comme avoir goûté à la vie de château et puis
revenir à une vie pauvre et même d'esclave. C'est même pire
que ça, parce que l'expérience de l'amour de Dieu le Roi des rois,
c'est plus que grandiose, c'est sublime, indescriptible
C'est la joie mieux que le bonheur, la paix (la sérénité)
mieux que la tranquillité, la vérité mieux que le savoir,
l'amour divin mieux que l'amour humain.
Alors quand vous avez goûté à cet amour, il n'y a pas de
retour possible. Mais ce n'est pas si facile, après quarante années,
où le grand MOI, a fait ce qu'il a voulu, sans aucune soumission, et
parfois même quelques arrangements douteux avec l'ennemi de Dieu. Et un
combat a commencé avec ce nouvel amour.
Je pensais sans cesse à Dieu, dès que j'ouvrais les yeux, mes premières pensées de ma journée étaient pour Dieu. J'étais amoureuse, mais en même temps je m'attristais de ne pas arriver à consacrer assez de temps à mon nouveau maître : j'avais terriblement peur de m'éloigner de lui.
Alors pour me rassurer,le Seigneur dans sa bienveillance me fit un signe, afin que je ne reste pas seule dans mon insécurité. Un certain jeudi, Denise m'invita à venir avec mes filles à l'église pour une journée consacrée aux enfants. Ce même jour, Shirley, ma fille, reçut une invitation de l'église catholique pour une messe des enfants. Je compris que la volonté de Dieu n'était pas de me laisser chrétienne "SDF", mais qu'il était temps pour moi de m'unir à d'autres chrétiens, afin de partager ma foi, et que le choix de l'Eglise serait le mien, celle où je me sentirais le mieux.
Je répondis donc aux deux invitations, le samedi chez les adventistes, et le dimanche chez les catholiques.
Je connaissais déjà
l'Eglise catholique : j'ai toujours eu la sensation que la "chaleur"
du culte était proportionnelle à celle des bâtiments ! Une
atmosphère plutôt frileuse, donc...
Je connaissais peu l'Eglise adventiste, sinon à travers ses cantiques
et déjà la température était plus douce. Mais ce
qui ne put me laisser de glace, ce fut l'accueil chaleureux de tous les membres
d'Eglise. Quel amour se dégageait de là !
Enfin, habituée à être solitaire dans ma foi, il fallait que je me fasse violence pour revenir les samedis suivants. Depuis longtemps je désirais y venir, car cela faisait presque un an que je rencontrais Jean-Pierre. Mais une peur m'envahissait, même si à chaque fois l'accueil était de plus en plus chaleureux. Je me sentais comme quelqu'un qui se jette à l'eau, qui sait à peine nager mais qui au fur et à mesure qu'il avance dans l'eau, apprécie et commence même à expérimenter les bienfaits d'être porté par l'eau, enfin porté par Christ.
Dans cette Eglise, j'ai vraiment compris que Dieu était mon Père : le cantique " Père " m'a renversée.
Ma peur a laissé la place à la joie.
Mais parfois après la joie, il y a la peine. Et j'ignore pourquoi ce samedi-là, je ne voulais pas venir à l'église. Je flânais donc au lit, pensant pouvoir rester là tranquille. Et brusquement j'ai entendu une voix. Cette voix m'a dit clairement " lève toi et va à l'église ", je me suis redressée comme un ressort, je me suis vite préparée et j'ai pu vite rejoindre l'église.
C'est à l'église que j'ai ouvert ma bible sur le verset de l'Epître de Jacques (1-5:8) " Si l'un de vous manque de sagesse qu'il la demande à Dieu. Mais il faut qu'il demande avec foi sans douter ; car celui qui doute est semblable à une vague de la mer, que le vent soulève d'un coté à l'autre. Un tel homme ne doit pas s'imaginer qu'il recevra quelque chose du Seigneur, car il est indécis et incertain dans tout ce qu'il entreprendra. " Je ne voulais pas être semblable à une vague. Quand on connaît Dieu, son amour, sa force et sa grandeur, impossible de revenir en arrière : l'engagement me paraissait évident. Ce jour-là, je demandai à Jean-Pierre de me préparer au baptême.
Ce samedi, je suis rentrée chez moi tout excitée : au lever du jour je ne voulais pas aller à l'église et le midi je venais de faire ma demande de baptême ! Dieu seul connaît le chemin ! Merci Seigneur de m'avoir conduite jusqu'à TOI.
Si les anges dans le ciel dansaient joyeusement à ma demande d'engagement par le baptême, Satan lui ne voulait pas baisser les armes aussi facilement : il prit soin de s'occuper tout particulièrement de mon MOI.
La traversée du désert avait commencé.
Après avoir bénéficié de la Grâce de Dieu, je m'acheminais vers une période d'expérience de non-amour. Non pas du non-amour de Dieu, car je n'ai jamais senti que Dieu m'abandonnait, mais de MON non-amour. Et c'était de moi dont j'avais peur : dans ma relation avec Dieu, je craignais en effet de ne pas être assez fidèle. Et la crainte engendre vite le sentiment de culpabilité. A partir de là, Satan avait gagné du terrain.
Le combat fut difficile. Le non-amour se manifeste dans la vie de tout les jours, par des crises d'existentialisme, parfois. Le MOI se réveille avec des grands cris, il s'entête à obtenir des réponses qui ne vous tiennent pas à cur, il torture vos amis pour ne pas mourir. Il dit surtout "je suis là" et "j'existe et j'ai de l'importance".
La "nouvelle Valéry", l'enfant de Dieu, était tétanisée lorsqu'elle ne pouvait maîtriser l'ancienne, esclave de son MOI. Et je levais les yeux vers le ciel : Satan riait, mais par la Grâce de Dieu, j'étais lucide, ce qui me permettait de le repousser.
Ces expériences de non-amour m'asséchaient. Je ne me sentais plus dans la joie et le désert était vraiment aride.
(Galates 3-3 :4) " Ce que vous avez commencé par l 'Esprit de Dieu, voulez-vous l'achever par votre propre force. Avez-vous fait de telles expériences pour rien ? "
Non je ne pouvais pas avoir vécu ces expériences pour rien... Ce n'était pas en moi qu'il fallait avoir confiance, mais en Jésus. Il fallait m'abandonner, et cela chaque jour, chaque instant dans la prière, afin de retrouver la paix.
Une histoire sans fin
Cela fait donc presque trente ans, que cette flamme grandit dans mon cur, j'ai compris que ma relation avec Dieu est une véritable histoire d'amour. Comme toute histoire d'amour, cette relation s'entretient. Il faut en parler et plus en on parle, plus on est motivé, plus on est excité, alors plus on est heureux, et plus on a envie de se retrouver, de faire grandir cette histoire de jour en jour.
Quelle joie quand je laisse la place à Dieu dans mon cur. Et cela se voit, car si j'en crois l'homme qui partage ma vie, il voit très bien quand DIEU est là.
Alors de ma vie avec Dieu,
ce que je souhaite, c'est d'avoir une flamme qui brille si fort, que l'on ne
voit plus qu'elle à travers moi.
Cette parole d'Yves Boulvain exprime bien ceci " Un croyant devrait
être comme un vitrail, quelqu'un dont les blessures ont été
traversées par la lumière, quelqu'un dont les vides offerts ont
été remplis par la Sainteté de Dieu, quelqu'un à
travers qui on voit la lumière "
Vous attendez certainement la fin de mon témoignage, mais il n'a pas de fin, car c'est un commencement. Le commencement de ma vie avec Christ.
Valéry.