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Un Noël qui comble
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"L'attente
du jour de Noël", par JP Lachize.
Luc 2 : 8 à 14.
La fête de Noël est l'événement familial le plus attendu de l'année. Après un mois de préparation plus ou moins agitée, fiévreuse et stressée, qu'attendons-nous de ce 25 décembre 2004 ? Qu'attendez-vous de cette journée si particulière ?
Depuis les
origines du monde, l'humain a choisi de vivre en solo, il s'est rendu indépendant
de Dieu. Cela s'est joué autour d'un arbre. Ce n'était pas un
sapin mais un arbre fruitier : l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Le premier couple a voulu décider de ce qui était bien ou mal,
sans avoir à se soucier de l'avis de Dieu. Résultat : la coupure,
la séparation, la rupture d'avec Dieu, a produit un vide immense et intense,
à la place d'un amour infini.
Et comme la nature a horreur du vide, l'humain est devenu avide de désir.
Depuis nous vivons tous dans l'attente de quelque chose qui viendrait nous combler
et pas seulement en fin d'année !
Frustrations
Enfant, la fête de Noël me remplissait d'un espoir peu commun. Noël devait être le jour de l'année qui changerait ma vie. Rien de moins ! J'attendais quelque chose d'éblouissant, de merveilleux, d'extraordinaire, de surnaturel !
Mes parents, communistes militants, s'opposaient à toute forme de religion et considéraient Noël comme une fête traditionnelle. Mais ils refusaient d'y ajouter aucun autre sens. Ce jour-là, chacun recevait trois cadeaux : un ballotin de chocolat d'excellente qualité, un livre, car ma mère était libraire et deux jouets sans surprise, puisque nous les choisissions ensemble un mois à l'avance sur catalogue
Au-delà des cadeaux, au-delà du repas de fête et de la joie d'être réunis en famille, j'attendais une réponse : le jour de Noël devait combler tous mes manques, tous mes vides, toutes mes carences. Et dans l'attente, mon cur s'ouvrait et s'élargissait comme un gouffre, tel un abîme que seul Noël pouvait combler
Tout se déroulait en deux temps : le réveillon pendant la nuit du 24 et puis la découverte des cadeaux, le matin du 25. Si quelque chose nous avait déçu pendant la nuit du Réveillon pour une raison ou une autre, tout pouvait être rattrapé le lendemain matin en ouvrant les cadeaux.
Et à chaque Noël le même scénario revenait, l'attente et l'espoir investis, misés en quelque sorte sur cette journée ne m'apportaient que déception. Avant la fin de la journée du 25, j'étais blessé et amer, une sensation de tristesse m'envahissait sans que je sache exactement pourquoi. Il me faudrait attendre une année de plus pour un autre Noël
Sorti de l'enfance j'ai vite compris que Noël ne m'apporterait pas la plénitude, la joie et la paix que j'espérais. Noël pouvait être une belle illusion, un mirage, un rêve dangereux Comme l'espoir sans cesse étranglé rend malade, il m'arrivait souvent que je passe la nuit du réveillon et le 25 décembre grippé et cloué au lit par la fièvre. D'ailleurs, bien avant que la fin de l'année arrive, j'exposais à tous que je risquais d'être malade le 25 décembre. Cela devenait pour moi une habitude, une tradition. Un bon moyen d'échapper à toute déception.
Il a fallu que je passe par une réelle conversion, que j'accepte de recevoir un autre cadeau pour que change ma conception de cette fête et même de ma vie !
Fausses compensations et vrais cadeaux
Les cadeaux sont là pour compenser les manques et les carences. Il y a pourtant des cadeaux qu'il faut éviter d'offrir parce qu'ils passent à côté du cur et réveillent des douleurs, un peu comme ces cadeaux détestables que certains maris offrent à leur épouse : ces cadeaux utiles et fonctionnels, certes, mais qui rappellent aux femmes les routines et les devoirs du quotidien. Un fer à repasser, un aspirateur - ou pire - un pèse personne- , histoire qu'elles veillent sur leur poids !
Heureusement, il y a des cadeaux qui font mouche, qui tapent dans le mille, ceux qui correspondent à ce que la personne désire vraiment et la comblent au moins un instant.
Cela prouve une chose, de la part de celui qui offre : pour lui la personne est plus importante que tout. Il n'a pas donné ce qu'il avait envie de donner mais a tenu compte de la personnalité et du besoin réel, du souhait de l'individu. Cela fait du bien, un cadeau qui correspond exactement à notre attente !
Il y a des cadeaux par lesquels on se sent pleinement reconnu. Ce sont des cadeaux
introuvables dans le commerce qui réchauffent le plus le cur. Ils
surprennent par leur valeur inattendue. Imaginez un instant la joie que procure
un fils rebelle qui revient à la maison et qui remercie ses parents pour
le cadeau qu'ils lui ont fait en lui donnant la vie ! Imaginez la joie que procurent
des parents qui disent à leur enfant : " Quoi que tu sois, quoi
que tu deviennes, même si tu étais le pire des truands, je serai
toujours avec toi, je t'aimerai toujours et mon cur te sera toujours ouvert,
tu peux compter sur moi ! "
C'est ce genre de cadeau que Dieu a envoyé, il y a deux mille ans pour répondre à toutes les attentes de l'humanité : lorsque Jésus est né, Dieu est venu combler chacun de ce qui lui manquait le plus. En envoyant son propre fils naître dans une étable ! Dieu l'a rempli de toute sa joie, de toute sa paix, de toute sa justice et de toute sa bienveillance. Remarquez bien : Dieu n'a pas offert quelque chose en-dehors de lui mais Dieu s'est offert lui même en Jésus-Christ. Le cadeau qu'il nous fait aujourd'hui même, en cet instant, c'est lui dans toute sa bienveillance.
Quand les bergers qui se trouvaient dans les champs près de Bethléem ont vu un ange venu leur annoncer la naissance de Jésus, le message qu'ils ont reçu était clair : " N'ayez pas peur ! Je viens vous annoncer un Bonne Nouvelle qui sera une grande joie pour tous les peuples : aujourd'hui, un sauveur est né pour vous. C'est le Christ, le Seigneur. " Tout à coup, il y eut une foule d'anges qui chantait les louanges de Dieu et disait : " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix à ceux que Dieu aime "
Depuis le jour où j'ai compris que Noël était en rapport avec ce cadeau de Dieu, rien ne pouvait plus me décevoir. Dieu n'a pas donné quelque chose hors de lui : en Jésus-Christ , il s'est donné lui-même comme un présent, un cadeau à toi et à moi. Il a offert à chacun le pardon et le pouvoir de pardonner, l'amour et le pouvoir d'aimer. C'est à partir de ce cadeau de la grâce, que nous recevons l'assurance Dieu nous accueille avec bienveillance, qu'il nous regarde comme pardonnés, justifiés, réhabilités. Alors riches de ce bonheur, nous sommes délivrés de la peur de manquer. Nous avons tout pleinement en Jésus et nous devenons de vrais cadeaux pour tous ceux qui nous entourent : le plus beau cadeau qu'un proche puisse recevoir de nous, c'est l'amour sans condition, cet amour venu d'en haut qui seul peut se donner sans rien attendre en retour.